Spéléologie

LE RANC DE BANES -2-

photo : le massif du Ranc de Banes et la vallée du Rieutord (vue du Mont Mejean)

 

GEOLOGIE - TECTONIQUE ( à traiter)

Le massif du Ranc de Banes est un monoclinal en pente vers le sud et le sud-est, limité au nord par la faille de Sumène laquelle au niveau de cette localité met en contact les terrains du jurassiques dont il est ossaturé avec le socle primaire. Il constitue la bordure sédimentaire extrème nord des garrigues et causses nord-montpellièrains.

 

Photo : Contact schistes - calcaires (au niveau de Sumène)

Sa conformation monoclinale se prolonge sous le synclinal Crétacé à fond plat de la plaine de Ganges pour réapparaître au sud sous la forme d’un horst (plateau du Thaurac) encadré par deux accidents d’origine Cévenole.

Plusieurs accidents synsédimentaires découpent le massif en plusieurs blocs (accidents du Pas de Madame, du Camp de Guerre etc..) dénivellés provoquant un affaissement de sa structure dans le sens Sumène- Ganges. Ce sont ces derniers qui lui confère sa position inclinée vers le sud-sud-est.

 

photos : décrochements du Camp de Guerre

LES CAVITES

Les cavités Mio Pliocéne

Comme pour le massif du Thaurac, la continuité morphologique du massif au-delà du bassin d’effondrement de la plaine de Ganges les cavités de cet épisode ne représentent que des tronçons épars. Ils sont repérables grâce à la saignée imposante du Rieutord dans les calcaires du Jurassique, lequel a sectionnée de nombreux conduits. Les grottes qui s'ouvrent en falaise ( ……  ) donnent quelques bons exemples. La surrection du massif a positionnée la plupart de ces cavités bien au-dessus de leur ancien niveau, livrant ainsi leurs galeries à l’érosion intense des gorges et du versant méridional. C’est fort probablement cette disposition qui fait que peu de cavités de cette phase karstique importante y soient repérés. Quelques lambeaux importants du type grotte des Demoiselles ou grotte des Lauriers subsistent sans doute très proche de sa surface marquée un faisceau très importants d'accidents.

A sa base cependant, et concentrés en bordure de la faille bordière qui délimite le bassin de Ganges, un cortége de cavités relevant  de cette phase de karstification sont rendus accessibles grâce à la reprise de l’érosion Plio-Quaternaire et à l'affaissement de quelques panneaux faillés. L’arasement du toit de certaines d’entre-elles exhume et met en évidence quelques beaux conduits dont le fameux Trou Fumant de l'Olivier dont la réutilisation en tout ou partie est un exemple .

Les cavités Plio-Quaternaire

Elles sont caractéristiques de la reprise de l’érosion de ce massif (aven du Pas de Madame) porté en altitude et relevant du nez vers le nord contre le massif cristallin. On s’étonnera toutefois du nombre relativement faible de cavités de ce type, cavités en général calées sur des fractures actives, et cela malgré l'importance de la superficie à drainer et surtout de l'inactivité quasi nulle d'un réseau  hydrographique de surface assez développé. La capture des écoulement locaux par le karst est rapide car activé par la présence du drainage souterrain du Rieutord vers lequel converge l'ensemble des circulations. 

(à suivre)

HYDROGEOLOGIE

Le réseau du Rieutord - Sourcettes

Il est admis et prouvé par plusieurs expériences de coloration et d'explorations l'existence d'un réseau souterrain appelé "Rieutord Souterrain" (Voir chapitre concernant le massif du Thaurac).

Ce réseau traverse un contexte constitué par trois domaines structuraux, soit :

- au nord, le monoclinal faillé jurassique du roc de Banes et du Mont Mèjean, ensemble entaillé au centre par la large vallée du Rieutord, qui s'infléchit vers le sud et le sud-est. Ce bloc est limité au nord par un important accident situé au niveau du village de Sumène qui met en contact le socle primaire et les terrains jurassiques.

- au centre, le synclinal crétacé à fond plat de la plaine de Ganges.

- au sud, le horst jurassique du Thaurac pris en étau par le faisceau cévenol (failles inverses).

Le jurassique moyen et supérieur, entièrement calcaire à passées dolomitiques, constitue toutefois l'ensemble du système hydrogéologique de ce réseau. Dans les zones synclinales ou les fossés d'effondrement, on rencontre en superposition les formations marneuses et calcaires du crétacé inférieur (plaine de Ganges).

Pour l’ensemble de ces séries les niveaux imperméables sont ceux du Lias Supérieur (Jurassique Inférieur) peu épais et plus en profondeur ceux du Trias argilo-marneux. 

 

1       - Le Rieutord et ses pertes (entrées du réseau)

Le Rieutord, rivière qui naît dans les Cévennes cristallines pénètre dans les calcaires jurassique au niveau du village de Suméne puis s’engage au bout de 6 km dans le crétacé à l'entrée de Ganges (*). Il traverse le sud de cette agglomération et rejoint l'Hérault fleuve drainant principal de la région où il retrouve le jurassique au niveau du pittoresque défilé que son ancien cours à creusé dans les massifs compacts du Thaurac et d'Agonés (voir : Massif du Thaurac)

A Sumène, issu du massif Cévenol il s'engage dans les séries carbonatés. Il disparait immédiatement sous terre par l'intermédiaire d'un ensemble de pertes, sauf en hautes eaux où il parvient péniblement jusqu’à Ganges. Son cours aérien n’est actif que quelques semaines par an suite à des fortes crues .

Ces pertes diffuses situées quelques vingt cinq mètres seulement au dessus du niveau de leurs résurgences situées quant à elles prés de Laroque (et qui font penser aux pertes de la Vis près d'Alzon) sont toutes situées sur des accidents ou sur des changements de faciès.

A Sumène, la première d'entre-elle est située au contact du Trias et de la dolomie.

Face au mas du Bourrut c'est à la transition de l'Oxfordien-Séquanien, et d'un important accident (faille du Pas de Madame). Au mas de la Jarre c'est au passage d'une zone fortement fracturée.

 

Photo : Perte du Bourrut à 800 m en aval de Sumène

Le trou du Noyer, la plus importante et pénétrable cavité à ce jour sur 1500 mètres environ permet de suivre les eaux enfouies de cette rivière sur 350 mètres lors de sa course vers le Trou Fumant de l'Olivier. Cette perte constitue un des points majeur amont du réseau.

Après un parcours souterrain de plus de 2000 mètres encore inconnu sous le roc de Banes dans lequel s'ouvrent de nombreuses cavités, on retrouve le Rieutord souterrain en une belle petite rivière (10 à 20 l/s) au trou Fumant de l'Olivier, cavité importante située prés du hameau de Moulés et Beaucel au niveau de la plaine de Ganges. On aurait pû penser qu’un sous écoulement dans le lit même du Rieutord soit à l’origine de cette perte mais il n’en est rien (coloration 1975) car il s’agit bel et bien d’une capture souterraine classique. L’héritage du karst Mio-Pliocéne certainement a favorisé la mise en place de cette dérivation importante du Rieutord. 

Dans l’aven du Trou Fumant de l’Olivier, situé prés du hameau de Moulès et Beaucels, un ébouli trémie résultant d'une doline voisine du mas de l'Olivier, interrompt l'exploration spéléologique aval de cette capture un 'évent, l'évent des Ecoles pourrait être l'un des ancien exutoires locaux de débordement. Il est probable que le Trou Fumant soit une cavité Mio-Pliocéne réutilisée partiellement par cette capture. Quant au prolongement de cette cavité située sans doute dans le Tithonique sous la couverture Miocéne de la plaine de Ganges, et décalé en profondeur par la faille bordière du bassin, il est pour le moins logique. Il est cependant porté en profondeur par cet accident et totalement immergé.

Les mises en charge du système, quant à elles, montrent que le Trou Fumant de l'Olivier joue temporairement le rôle de cheminée d'équilibre. Celles-ci sont parfois conséquentes et noient entièrement la cavité. Elles peuvent atteindre plus de 30 mètres. Elles signifient la présence d'un blocage aval du réseau dû à un rétrécissement relatif au franchissement de l’accident bordier et au transit d'une grande zone noyée correspondant au Tithonique (localisé par forage à la côte 140) situé sous la couverture crétacé de la plaine de Ganges. Une vitesse de transit 2 à 3m/h y a été constatée.

Il y a lieu de penser que le karst Mio-Pliocéne immergé non encore totalement débourré de ses remplissages soit une cause probable de freinage du transit des eaux vers les Sourcettes et d’un possible reflux vers l’amont du réseau.

2 – Les sourcettes (sortie du réseau)

Situées dans le défilé pittoresque de l'Hérault environ 1200 mètres en aval du village de Laroque deux groupes de sources de fond (amont et aval) naissent a la base d'un étagement de cavités : aven des Lauriers, (anciennement ouvert au public), grotte de la route, grotte du Maire, grotte des Sourcettes.

A l'étiage, leur repérage est difficile et il faut s'approcher très prés pour repérer le bouillonnement caractéristique de leurs nombreux griffons parmi les diaclases qui hachurent à ce niveau le lit  de l’Hérault.

Ces sources constituent les exutoires de sorties des pertes du Rieutord et d'un karst noyé profond correspondant à l'entité sud de ce réseau dont le massif du Thaurac semble être associé.

L'aven des Lauriers, les grottes Aurelie et  Maire-Route, la grotte des Sourcettes offrent sur le passage aval de ce réseau un système de siphons, qui sont autant de regards permanents sur la nappe karstique qui se vidange ici en tout ou partie. Il n'est pas exclu par contre que ce réseau, arasé par le creusement par surimposition de l'Hérault, se prolonge au-delà du fossé de Montoulieu en direction de la Foux du mas de Banal. Cette exsurgence pouvant être en effet un des exutoires le plus en aval du système. Se reproduisant ici le même système que le réseau aval du Trou Fumant de l’Olivier sous la plaine de Ganges. Aucune information précise cependant et résultats concrets de colorations ne permet d’établir cette relation qui présenterait d’ailleurs peu d’intérêt spéléologique.

(à suivre, en cours de conception : chapitre "Spéléologie")