LES CAVITES PHARES -2/2

     LE CAUSSE VIOLS-LE-FORT - CAZEVIEILLE (6/6)

photo : Vue du sommet de la colline de la Pourcaresse (cote 330)

Au premier plan, le mas de la Pourcaresse et le bois de Sauzet. (DC)

 PAYSAGE

    GEOLOGIE

      HYDROGEOLOGIE

       SPELEOLOGIE

 

 

Deux types de cavités, correspondant aux type régional sont identifiés sur le causse.

Les cavités Mio-Pliocène

Rentrent dans cette galerie catégorie toutes les cavités qui présentent un réseau de galeries calée sur un ancien plancher approximativement situé au niveau de la cote moyenne de 190/250 mètres.  Ce plancher correspond a une ancienne nappe en réseau en relation très probable avec un ancien niveau piézométrique imposé par le cours de l'Hérault. Les grottes de Gennevaux, Fausse-Monnaie, Fortune, Hibou, Vidal, Bois de l'Ane, Martin, Petits Murs, Caucolières, Mas de Londres, pour n'en citer que quelques unes caractéristiques semblent correspondre à ce stade. Ces cavités faisaient partie d'un ensemble probablement ramifié fonctionnant en régime noyée ou semi-noyé. Colmatées par l'argile "la terra rossa", des éboulis cyoclastiques, équilibrages de voute et autres concrétionnement massifs, la plupart de ces cavités font actuellement partie du patrimoine "fossile" du causse spéléologiquement touristique.  Ce réseau "ancien" pourrait à quelque chose prêt être comparé au modèle du Vidourle souterrain actuel. Des cavités comme la grotte de Gennevaux, les avens de la plaine de Cambous etc.. ayant joué un rôle occupé aujourd'hui par les avens du Frére et de la Soeur, et du grand aven de Sauve sur la plaine de Pompignan. Une résurgence du type fontaine de Sauve devant alors exister quelques part en bordure de l'Hérault dans la montagne de la Celette. (Voir Massif de la Celette)

Les cavités Plio-Quaternaire

Elles sont fort nombreuses voire majoritaires sur le causse. Elles appartiennent à une nouvelle phase de son évolution karstique liée entre-autre à des mouvements tectonique portant sa surface à l'altitude proche de l'actuelle. Une évolution qui s'est manifesté par un démantèlement complet du tissu Mio-Pliocène, effet d'une reprise de l'érosion dû au au nouveau gradient imposé par le niveau de base. Les manifestations de cet épisode sont éloquentes car le démantèlement y est manifeste. Si certaines cavités sont restées "suspendues" et comblés de matériaux de remplissages, d'autres se sont carrément rajeunies a outrance dans leur évolution. Une outrance défigurant complètement la morphologie de certaines d'entre-elles, tronçons de tout ou partie d'un système dont on ne retrouve çà et là que quelques chicots épars. Ce que l'on pourrait considérer sur ce causse comme des cavités de formations indépendantes n'étant que des cavités Mio-Pliocène reprises à l'emporte-pièce par l'érosion et la tectonique. Les avens Brigitte, Granier, Nord-Ouest du bois de Cambous, de Bouet en sont de bons exemples. D'autres cavités ont vu par contre leur ancien plancher suivre l'évolution de la nappe karstique et s'y raccorder par des jeux de diaclases (aven des Nymphes) avant même que ces dernières ne se colmatent (aven du Suquet) lors d'une phase postérieure. Cette phase de colmatage ou de décolmatage des sédiment argilo calcaires étant ici liée aux diverses fluctuations de la nappe et à l'engorgement du réseau.    

 

LES CAVITES "CLASSIQUES" PHARES : réseau du Lirou (suite)

secteur du "bois de l'âne"

Aven Brigitte

714,26 - 162,61 - 229 m

A 330 m nord-nord-est de la bouche d'entrée en aven de la grotte Gennevaux, 70m à gauche de la route Montpellier-Ganges (D986). 500m environ avant le croisement côté 238 direction Viols-le-Fort.

Orifice de 0,60m x 1,20m. Descente facile en escalade jusqu'à - 6 (salle 6m x 2m x 3m) avec deux diverticules). Puits de 22 m (fond 7m x 4m). Vers le sud dans le sens de la pente (45°) on atteint un point de perte (- 33, ruisseau temporaire). Vers le nord, une diaclase 30m x 2m x 5m descend à - 33, et rejoint par divers passages étroits un puits de 10m (3m x 3m) s'arrêtant sur une fissure impraticable à -42. Celle ci donne sur un ressaut de 3m, nouvelle étroiture et une salle terminale à - 56.

Aven des Nymphes

715,54 - 161,57 - 232 m

Dans une dépression de terrain bien marquée, 250m à l'ouest-nord-ouest de la cote 252 IGN. Vaste bouche d'entrée de 5m x 6m. Puits de 14m, série de salles jusqu'à -32. Pente jusqu'à -41 suivie d'un puits de 19m aboutissant dans une vaste salle dont le point bas est à -83m.

Aven "Est" du Suquet

714,02 - 161,59 - 235 m

30 m au nord-ouest du calaven du Suquet (vaste doline). Petite entrée 1m x 0,80m. Puits de 42m avec relais à -7, -21, -23, et plein vide de -34 à -40. On atterri dans une salle de 10m x 8m. Dans cette salle une lucarne dans une coulée stalagmitique et sur un petit balcon en hauteur est suivie d'une étroiture qui donne dans la deuxième partie de la cavité. Cette étroiture est suivie d'un P.7 qui recoupe une vaste galerie nord-sud (avec cheminée remontante vers le calaven). Vers l'amont, une petite galerie suivi d'un puits subvertical conduit vers -72. Vers l'aval cette galerie déclive coupée par un petit réseau inférieur et un ressaut de 3m se descend jusqu'à -67 niveau où l'on accède dans une salle supérieure par une petite remontée. Dans cette salle dans laquelle on peut aussi accéder par un P7 la galerie continue de descendre en pente jusqu'à -84m. Un colmatage argileux termine la cavité.

Réseau des Fontanilles :

Aven "NW" du bois de Cambous 

A 25 m du sentier qui conduit à l'aven Vidal et en contrehaut de ce dernier. Entrée en diaclase de 5m x 1m sur le rebord d'un lapiaz boisé. Beau puits diaclase de 31 m suivi d'un puits de 12m étroit. Ce dernier aboutit dans une diaclase de 8 m

Une désobstruction (SCAL) permet d'atteindre -75. A - 45, au bas des deux puits d'entrée et vers le sud-sud-est un réseau (désobstrué par le GERSAM en 1983) permet d'accéder dans une salle 6 x 4 x 7 suivi d'une remontée ( - 38 ) donnant sur deux puits parallèles de 35m et 45m. Ces puits se rejoignent au fond dans un complexe de galeries superposées dont le point bas est a - 98,5. Le développement est de 379 m (155 m de longueur plane). A noter la présence de CO2 en quantité génante au-dessous de la cote - 60.

 

 

Aven Vidal (grotte de Cambous ou  aven n°13 de Gennevaux)

712,38-163,46-247m. Vaste entrée pointée sur la carte IGN. Deux orifices de 5m x 5m et 10m x 10m donnent dans une grande salle 20m x 15m en pente d'éboulis et dans laquelle on accède par un escalier de pierres. Au bas de l'éboulis, une galerie de quarante mètres de long débouche sur la margelle d'un puits subvertical de 45m. A bas de ce dernier une salle 40m x 20m percée au sud par un puits argileux donne à - 85. Au sud-ouest,  une remontée suivie d'un puits double de 20m se prolonge vers une étroiture impénétrable à -83. A noter qu'au dessus du puits du départ une escalade donne sur une galerie de 20 m de long. Un écoulement temporaire se perd au fond de la cavité. 

Le 23 mars 1969, une coloration effectuée par Michel Wienin (5 kg de fluoresceine) de cet écoulement de 0,5 l/sec a fait son apparition à 8,9 km de là en rive gauche de l'Hérault, 77 m plus bas, a la résurgence des Fontanilles. Cette coloration a traversée le causse puis le massif de la Celette au pied duquel se trouve cette très importante résurgence (captée par la commune de Puéchabon).

 

  photo : entrée diaclase de l'aven NW du bois de Cambous (DC)

Bibliographie principale :

Caumont (D.) Inventaire du causse Viols-le-Fort - Cazevieille. 1967. Bulletin interne du CLPA. Non publié.

Brun (J.-F). Etude statistique des cavités karstiques de la région Montpellièraines (causses méridionaux et garrigues). Karstologia, 1989, n°14.

Brun (J.-F). Le causse de Viols-le-Fort - Cazevieille (garrigues languedociennes - hérault). Spelunca 1989, n°36. p.31-38

Houlez (J.-P). Grottes et avens du Pic Saint-Loup et du causse de Viols. 2001. 645 pages.

 

suite en cours de rédaction....

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